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IME Le Bonlieu : une rentrée 2020 sous le signe de l’inclusion

Ouverture d’une cinquième classe destinée à intégrer le milieu ordinaire dès 2021

Ouverture d'une 5e classe à l'IME Le BonlieuOuverture d'une 5e classe à l'IME Le Bonlieu

Après des vacances éducatives entamées dès le 24 août, les 85 garçons et filles de 6 à 18 ans accompagnés par l’Institut-Médico-Éducatif Le Bonlieu ont fait leur retour sur les bancs de l’école ce mardi. L’occasion pour Maeva Glaessner, cheffe de service, de nous parler de la démarche d’inclusion portée par l’IME au travers, notamment de l’ouverture d’une cinquième classe destinée à être externalisée au sein d’un établissement du milieu scolaire ordinaire dès 2021.

C’est quoi un IME, exactement ?

L’IME Le Bonlieu est situé en plein cœur du centre ville de Dole. L’établissement dispose d’un parc de plus d’un hectare qui accueille chaque année 85 garçons et filles de 6 à 18 ans présentant un déficit intellectuel avec des troubles nécessitant la mise en œuvre d’une éducation spécialisée et d’un projet thérapeutique. L’établissement offre aux jeunes un accueil et un accompagnement personnalisé en internat ou semi-internat, un enseignement spécialisé proposé par des enseignants titulaires du CAPPEI (certificat d'aptitude professionnelle aux pratiques de l'éducation inclusive) et des enseignements techniques adaptés ainsi que des activités spécifiques et variées qui servent de supports éducatifs (sorties au musées, équitation, théâtre, prévention routière, journal Les Nouvelles du Bonlieu, création de jeux de société…). En parallèle, les jeunes bénéficient aussi, en fonction de leurs besoins de temps de prises en charge thérapeutique : orthophonie, psychomotricité et/ou suivi psychologique.

« On travaille de plus en plus hors les murs »

« Le rôle de l’IME est d’offrir aux jeunes accueillis, des apprentissages leur permettant de s’intégrer dans la société tant sur le plan social que professionnel », explique Maeva Glassener, cheffe de service sur le pôle enfant. « Notre démarche est inclusive. Dans ce sens, on travaille de plus en plus hors les murs, et ce tant sur le plan éducatif que sur la découverte du monde professionnel avec des actions plus professionnalisantes », s’enthousiasme la jeune femme, arrivée au Bonlieu il y a 3 ans. Les équipes éducatives sont amenées à développer leur réseau de partenariats au niveau local et de nombreuses actions se sont mises en place avec le secteur associatif pour amorcer avec les plus grands une découverte du monde professionnel. A partir de 16 ans, dans le cadre de leur projet individuel, nous leur proposons des stages en ESAT ou dans le milieu ordinaire, en fonction de leur autonomie. Nous avons des conventions avec l’atelier chantier d’insertion Interfringue, Emmaüs ou encore avec des maraîchers. C’est un échange de service en quelque sorte. Les professionnels qui accueillent les jeunes lors de ces temps éducatifs prennent le temps de leur faire découvrir leur métier et en échange les jeunes participent à certaines tâches en fonction de leurs capacités (étiquetage, réfection de meubles, récolte des fruits et légumes…).

Dans ce sens, un poste de chargé de mission inclusion s’est crée cette année. « Sa mission ? Coordonner et fluidifier les étayages sur toutes les possibilités d’orientation. Avoir un enfant qui présente une déficience intellectuelle peut faire peur à certains parents quand ils pensent à leur avenir. Le chargé de mission est là pour les accompagner et leur présenter les différentes possibilités d’orientation pour leur enfant. Il joue aussi un rôle de sensibilisation auprès des entreprises qui accueillent nos jeunes en stage ou en apprentissage. »

« Permettre aux enfants d’évoluer dans le milieu scolaire ordinaire »

L’inclusion se fait évidemment aussi sur un plan pédagogique en lien avec l’Agence Régionale de Santé et l’inspecteur de l’éducation nationale qui porte la question de l’inclusion scolaire et organise les moyens sur le territoire. Pour l’IME Le Bonlieu, « un travail de co-construction sur une inclusion collective sous la forme d’une UEE (Unité d’Enseignement Externalisée) a éte engagé et a permis l’ouverture d’une 5e classe à la rentrée. L’objectif étant de préparer l’externalisation d’une classe pour la rentrée de 2021 au sein d’un établissement du milieu ordinaire », explique Maeva Glaessner.

« L’objectif est de permettre aux enfants d’évoluer dans le milieu scolaire ordinaire, tout en gardant un accompagnement adapté à leurs difficultés. Cette année est donc une année de transition qui nous permet de travailler de concert avec les équipes enseignantes et éducatives pour que chacun puisse trouver sa place et son rôle au sein de cette UEE. Dans ce sens, on commence à travailler sur la mise en place d’un soutien éducatif dans les classes de l’IME.

Un taux de réussite au CFG de 100 %,

En parallèle, nous continuons à œuvrer à la réussite d’actions d’inclusion individuelles, selon les projets et les capacités des jeunes ». Ainsi, « cette année 3 jeunes filles ont intégré un CAP ATMFC (service aux collectivités) en scolarité partagée avec le lycée Prévert », se félicite Madame Fevre-Burdy, enseignante spécialisée et coordinatrice des classes de l’IME. « Depuis, maintenant 7 ans, chaque année plusieurs élèves se présentent à l’examen du CFG et nous avons jusque là un taux de réussite de 100% », s’enthousiasme Benjamin Doney lui aussi enseignant spécialisé. Les élèves aussi sont les premiers ravis d’être de retour à l’IME, à l’image de Maxime 18 ans : « je suis content, j’en avais assez de rester tout le temps chez moi. J’aime travailler » ou encore Gladys 16 ans : « je suis contente d’être ici, de retrouver mes amis, mes profs et de travailler ». Et si la rentrée est masquée, « on finit par s’habituer », comme le fait justement remarquer Jordan, 15 ans qui a pour projet de devenir maçon. Elle s’annonce belle, studieuse et pleines de découvertes à venir pour les élèves de l’IME Le Bonlieu. 

Modifié le vendredi 04 septembre 2020


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